Islande - Terre de contrastes Partie 3

04/08/2026

 Les terres du nord ouest

Jour 7 

Mon premier spot du matin est Dettifoss, une chute d'eau quelque peu isolée dans le désert à l'Est du lac Myvatn dans le canyon de la Jökulsá á Fjöllum. Elle est réputée pour être la plus puissante d'Islande et d'Europe. Haute de 44 mètres et large de 100 mètres, la chute possède un débit d'environ 500 m³ par seconde en été, au moment où le débit est le plus fort. 

Je choisis de l'approcher par le coté Est, moins touristique. La route 864 qui y mène se transforme rapidement en une piste de terre plutôt adaptée à des véhicules 4x4 ! Après 40 minutes d'une piste chaotique, j'atteins le parking en terre où 3 véhicules ont fait le même choix.

J'emprunte le chemin qui descend dans un décor digne du Grand Canyon. 

Le bruit est assourdissant, les vents très violents et tourbillonnants projettent de l'écume... faire des poses longues dans ces conditions va se révéler très compliqué !

Je poursuis ensuite ma route vers Húsavík, ville portuaire située tout près du cercle polaire, pour une incontournable sortie en mer pour oberver les baleines. Húsavík est la capitale de l'observation des baleines en Islande. La chasse à la baleine y a été totalement abandonné il ya plusieurs décennies au profit de l'observation des cétacés. C'est sur un navire traditionnel que j'embarque chaudement vêtu pour une sortie en mer de 3 heures. La température et les vents en mer restent vivifiants même en ce mois de juillet.

Le port d'Húsavík fait face aux impressionnantes montagnes de Kinnarfjöll de l'autre côté de la baie. Les nombreux bateaux sont pour la plupart des baleiniers traditionnels en bois colorés ce qui contribue au charme de ce petit port de pêche. 

En hiver, la région est également privilégiée pour l'observation des aurores boréales, très fréquentes dans cette partie de l'Islande. 

La journée se termine après 200 km et 4h de route et de piste. Je retourne à mon camp de base sur les plateaux volcaniques pour la nuit.

Jour 8

Ce matin mon premier spot sera les chutes de Goðafoss avant de longer les fjords du Nord. La météo se dégrade, le temps se couvre et la pluie fait son apparition.

Avec une largeur de 30 mètres et une hauteur de 12 mètres, Goðafoss se jette du haut d'une falaise en arc de cercle puis dans un canyon en une succession de petites chutes d'eau. Les deux berges sont accessibles ce qui permet de l'observer sous des angles différents. 

Je passe la ville d'Akureyi et coupe dans les montagnes en empruntant l'Ólafsfjarðarvegur, ou Route 82, qui est une longue piste en terre qui traverse la péninsule de Tröllaskagi. Dépaysement et immersion en pleine nature garantis !

En contrebas de la piste et face à un petit lac, quelques chalets aux toits végétalisés nichés dans cet écran de verdure. Qui après recherche s'avère être un lodge ultra luxueux qui répond au nom de Eleven Deplar Farm.

Une fois la montagne traversée, je retrouve la rive du fjord Skagafjörður pour un stop à Hofsós, petit village qui comptait 190 habitants en 2011. Dernier spot de la journée après 6h de route et 370 km.

Jour 9

C'est maintenant vers l'Ouest de l'ile que je me dirige et les conditions climatiques ne s'améliorent pas: la pluie et le brouillard sont omniprésents. 

Mon premier arrêt sera pour le monolithe basaltique de quinze mètres de haut de Hvítserkur. Trônant à quelques 20 mètres de la plage, au milieu des flots, cet impressionnant rocher va me donner du fil à retordre. Les photos prises de la falaise ne rendent pas, le ciel et la mer sont extrêmement sombres, je manque cruellement de lumière... Je passe donc au plan B et décide de descendre et passer par le sentier qui mène à la plage. C'était sans compter qu'il faut traverser des dunes ou nichent des Sternes arctiques qui m'attaquent ! Mon bonnet m'a heureusement protégé de quelques coups de becs. Après 800 mètres de marche sur la plage j'atteins le monolithe. Il fait toujours aussi sombre... comme un soir d'hiver. Là encore les photos ne rendent pas la dimension du site...

Les anciens Islandais voyaient dans ce bloc de basalte un troll. La légende veut que ce troll venait du Strandir à l'ouest et que, détestant les chrétiens et le son des cloches, il fut surpris par les rayons du soleil alors qu'il lançait des pierres sur le monastère tout proche de Þingeyrar, et fut alors pétrifié !

Roulant toujours vers l'Ouest, je marque un arrêt sur le bord de la route pour cette petite église de Prestbakki et son cimetière aux croix blanches qui contraste avec ce ciel toujours menaçant.

Ma dernière photo de la journée, après 360 km et 5h de route et de pistes, sera pour l'île de Grimsey et son phare en fin de soirée. 

Jour 10

Je longe aujourd'hui l'Isafjardardjup « le profond fjord glacé », le plus long des fjords du Nord-Ouest de l'Islande avec ses multiples baies. Ce fjord est un endroit riche en avifaune : on peut y voir de nombreux oiseaux comme des guillemots, des macareux, des eiders, des sternes arctiques et des cygnes... Mais également des phoques...

Et toujours des chutes d'eaux et ces plages de sable noir qui offrent de superbes contrastes ! 

Au détour d'une anse, la chute d'eau de Lambagil dévale des falaises rocheuses, entourée d'une verdure luxuriante et d'un terrain accidenté, dans un paysage spectaculaire. Ici pas de touristes, seul les amoureux de la nature ou de randonnées viennent écouter le son apaisant de l'eau vive tout en profitant de l'atmosphère paisible de ce cadre immaculé.

La journée s'achève après 300 km et près de 3h 30 de route.