Islande - Terre de contrastes Partie 4

03/08/2026

 Les terres de l'ouest

Jour 11 

Sur la façade atlantique Ouest de l'Islande, qui encaisse les dépressions océaniques, la météo se dégrade encore un peu plus... Serait-ce la Bretagne de l'Islande ? Je quitte Ísafjörður, où j'ai passé la nuit, par un temps pluvieux, un ciel bas et bouché et une visibilité réduite... 

Mon premier arrêt ce matin est un ponton en bois dans une baie superbe bien loin des circuits touristiques qui réponds au nom de : Önundarfjörður Pier. Un coup de coeur pour cet endroit paisible.

Je poursuis ensuite ma route vers Dynjandi. Avec ses 100 mètres de haut, la chute d'eau de Dynjandi est la plus grande des Westfjords. En réalité, le nom de l'ensemble est Fjallfoss, littéralement « cascade de la montagne », et elle comprend un ensemble de sept chutes d'eau. 

La chute principale, fait environ 30 mètres de large au sommet et pas moins de 60 mètres presque 100 mètres plus bas... Sa particularité est que l'eau ne descend pas verticalement, mais suit la paroi rocheuse avant de repartir directement dans six autres chutes. Après la dernière chute, le torrent se jette dans les eaux du fjord. 

Je me dirige maintenant vers Látrabjarg un cap dont les falaises s'étendent sur 14 km de littoral et le point le plus haut de ces falaises culmine à 444 met connu pour être le point d'Europe le plus à l'ouest. Látrabjarg est surtout réputé pour les millions d'oiseaux qui peuplent ses falaises en été et qui accueillerait la plus grande colonie de macareux moines au monde avec pas moins de 6 millions d'individus. 

Mais voilà ... la longue piste pour y accéder devient impraticable après 45 km sans un 4x4 digne de ce nom et m'oblige à faire demi tour, malgré une mer turquoise qui doit être magnifique par beau temps... 

Sur la route du retour je m'arrête sur cette épave* échouée sur la grêve. Le Garðar BA 64 est la plus ancienne épave en acier d'Islande. Construit en Norvège en 1912 et utilisé pour la chasse à la baleine puis la pêche, il a été volontairement échoué en 1981 sur une plage de sable près de Patreksfjörður. 

* Si vous aimez les vieilles épaves et leur histoire, visitez mon autre site Mémoires d'épaves.

La journée se termine après 245 km et 4h 40 de route et de piste. 

Jour 12

Mauvaise nouvelle... le ferry qui devait me faire traverser de Brjánslækur à Stykkishólmur est annulé. Je vais devoir faire le tour par la côte en voiture, cette journée de transfert va être longue... environ 6 heures de route pour 430 km ! 

Je réalise quelque clichés du petit port de Patreksfjörður où j'ai passé la nuit avant de partir.

Sur la route qui longe la montagne aux sommets embrumés près de Vatnsfjörður, je marque un arrêt pour photographier ces moutons. Ils sont plus de 800 000 en Islande, soit plus du double de la population humaine qui s'élève à environ 340 000 habitants. Bon à savoir : le mouton à toujours la priorité sur la route !!!

Jour 13

La première curiosité de ce matin est Gerðuberg Cliffs une falaise de plus d'un kilomètre de long constituée de grandes colonnes basaltiques hexagonales située sur la côte sud de la péninsule de Snaefelsnes, à l'Ouest de l'Islande. Les colonnes de basalte, toutes semblables font entre 7 et 14 mètres de haut, et jusqu'à 1,5 mètre de large.

Mon spot suivant est Búðir et son église iconique, la Búðakirkja. Entièrement peinte en noir, avec ses portes et fenêtres blanches, l'église contraste avec le paysage environnant. Erigée à l'origine en 1703, l'édifice actuel date de 1848 et a été rénové en 1987, tout en conservant son design d'origine.

Autour de l'église s'étend le champ de lave de Búðahraun, vieux de 5 000 à 8 000 ans. Cette étendue de roche volcanique recouverte de mousse est classée réserve naturelle.


Toujours plus à l'Ouest les falaise de Lóndrangar avec ses colonies d'oiseaux et ses deux pitons rocheux respectivement de 75 et 61 mètres. Mais dans le brouillard et la pluie, sans surprise les photos ne rendent pas la dimension ni la beauté du lieu dans ces conditions !

A Öndverdarnes, nom donné à la pointe la plus à l'Ouest de la péninsule, se trouve le phare de Svörtuloft, qui signifie  « cimes noires » et qui est le nom donné aux falaises qu'il domine. 

Avant d'arriver au phare je m'arrête pour photographier la plage de sable blanc de Skarðsvík entourée de falaises noires. Plage sous un ciel bleu alors que dix minutes plus tard le phare sera dans le brouillard et la pluie ! Une illustration de la météo changeante en Islande !

Sur une plage de sable noir près du village de Rif, entre Ólafsvik et Hellissandur, on peut voir l'épave* du Sæljós GK-2 (Sandgerði), un ancien bateau de pêche échoué. Ce bateau construit en bois en 1967 à Akureyri et a été endommagé au large en 2017. Avant de couler, il a été remorqué jusqu'au port de Rif, renfloué, puis laissé à l'abandon sur la plage.

* Si vous aimez les vieilles épaves et leur histoire, visitez mon autre site Mémoires d'épaves.


Ma dernière photo de la journée sera pour les chutes d'eau de Kirkjufellsfoss. Ma journée sur cette péninsule se termine après une boucle sur de 4h40 et 310 km.

Jour 14

Et dernier jour... Sur la route qui me ramène à Reykjavik, j'ai repéré deux épaves* de baleiniers échoués côte à côte : le Hvalur 6 et Hvalur 7. Ces épaves sont nichés dans une crique en contrebas de la falaise à l'abri des regards. Il faut emprunter un sentier escarpé sur la fin et bien glissant par temps de pluie. 

Ces deux navires baleiniers islandais de la compagnie Hvalur sont devenus célèbres en novembre 1986 lorsqu'ils ont été sabordés à quai dans le port de Reykjavik par le militant écologiste Paul Watson et son organisation Sea Shepherd. 

* Si vous aimez les vieilles épaves et leur histoire, visitez mon autre site Mémoires d'épaves.

Mon périple en Islande touche à sa fin après avoir parcouru près de 4 000 km en 15 jours. 

Il est difficile de résumé un tel voyage tant les qualificatifs qui me viennent à l'esprit sont nombreux : grandiose, magnifique, sauvage, émouvant, apaisant ... L'Islande est définitivement un énorme coup de coeur et une île qu'il faut préserver.

Je n'ai qu'un regret : le manque de temps... Ce voyage aurait mérité un mois pour avoir le temps de faire : tous les spots que je n'ai pas eu le temps de découvrir, les randonnées dans les canyons, autour des lacs, et les pistes qui m'ont résisté faute d'avoir un 4x4...

J'espère que ce partage vous donnera envie d'y aller ou à défaut vous y aura fait voyager.