Islande - Terre de contrastes

06/08/2026

 Le cercle d'or

Après avoir atterri à Reykjavik, la capitale de l'Islande, je prévois de traverser l'île du Sud vers l'Est, puis de remonter au Nord avant de finir par l'Ouest. Une grande boucle d'approximativement 4 000 km en 15 jours.

Terre des extrêmes et des contrastes, à la limite du cercle polaire et proche du Groenland, l'Islande offre une biodiversité riche et protégée et des paysages sauvages :  volcans, glaciers, champs de lave, geysers, chutes d'eau monumentales, canyons, plages de sable noir... En ce mois de juillet le soleil ne se couche pratiquement pas et la météo est très changeante. Il se dit qu'on peut avoir les quatre saisons dans la même journée...

Jour 1 

Ma première destination est le parc national de Thingvellir et la chute d'eau d'Öxarárfoss. La chute d'une hauteur de 13 mètres s'écoule de la rivière Oxara et tombe sur les falaises de la gorge d'Almannagja, qui marque la limite entre les plaques tectoniques de l'Amérique du Nord et de l'Eurasie.

En contre-bas se situe une charmante petite église qui répond au nom de « Þingvallakirkja » près des rives de la rivière Oxara. Construite au 11e siècle, peu après la conversion de l'Islande au christianisme, la légende veut que le roi Olaf II de Norvège ait envoyé du bois pour sa construction. La version actuelle, date de 1859.

Je poursuis ma route vers les chutes de Brúarárfoss. Après avoir emprunté une piste en terre, première d'une longue série, et ensuite 10 minutes de marche, je découvre ces chutes d'eau aux couleurs d'un bleu glacier intense qui s'engouffrent dans une profonde crevasse de roche volcanique noire. La rivière Brúará, qui alimente cette chute d'eau, prend sa source dans le glacier Langjökull. C'est cette eau de fonte glaciaire, riche en minéraux, qui lui confère cette étonnante couleur turquoise.

Le contraste est saisissant, presque surnaturel... le sentiment d'être sur une autre planète !

Je me dirige ensuite vers Geysir, site ultra touristique parmi les plus visité du pays. C'est un champ géothermique où l'on peut observer des geysers. La densité de touristes ne me permet pas de photographier le principal geyser qui jaillit toutes les 5 à 10 minutes à 20 mètres de hauteur. La nature environnante donne l'ambiance: fumerolles et trous d'eau en ébullition... La nature est en mouvement ici !

Cette première journée s'achève après 200 km et près de 3 heures de route.

Jour 2

je me dirige ce matin vers un géant pour un premier contact avec le glacier de Sólheimajökull, lui même glacier émissaire (1) de la calotte glaciaire de Myrdalsjokull, sur la côte sud de l'Islande. Le Myrdalsjokull est la quatrième plus grande calotte glaciaire du pays, couvrant près de 600 kilomètres carrés, et son plus haut sommet s'élève à près de 1 500 mètres. Il est également connu pour être situé au sommet du célèbre volcan explosif Katla. 

Son aspect grisâtre, voir noir par endroit, vient des projections de cendres des précédentes éruptions volcaniques. Le ciel couvert vient de surcroit assombrir le peu de lumière. 

(1) Un glacier émissaire (ou glacier effluent) est une langue de glace qui s'écoule d'une calotte glaciaire à travers des vallées ou des brèches montagneuses.

Je reprends la route vers la chute d'eau de Skógafoss où la rivière Skógá se jette de la falaise d'une hauteur de 62 mètres sur une largeur de quelque 25 mètres. Il me faudra trouver un gué pour traverser la rivière afin de me positionner, et également composer avec les projections de brume, de gouttelettes d'eau, du bruit assourdissant et du vent généré par la chute ! Le lieu est majestueux.

Un chemin, à droite de la chute, assez raide et composé de 527 marches, permet de monter et d'avoir une vue du haut .

Je continue ma route en longeant la côte vers l'Est pour atteindre le site de Dyrhólaey sous une pluie battante et une visibilité réduite. La vue sur l'immense plage de sable noir de Reynisfjara Beach est bouchée par le mauvais temps. Seul un rocher gigantesque émerge dans une ambiance fantomatique. 

Je ne verrais pas les colonnes de basalte ni les Reynisdrangar emblématiques de ce site, aiguilles de lave qui sortent de l'eau et que l'on devine au loin dans la brume.  

Malgré le mauvais temps et les vents violents qui balayent les falaises, je réussis néanmoins quelques clichés de Macareux nichés dans les falaises. Une rencontre toujours magique !

Cette deuxième journée s'achève après 300 km et près de 4 heures 30 de route.

Jour 3

Ce matin je pars à la découverte du  canyon de Fjaðrárgljúfur. Long de 1300 mètres pour une hauteur de près de 100 mètres, ce canyon impose le respect. 

Il y a environ 9000 ans, le recul des glaciers forme en amont de ce lieu un immense lac. C'est un cour d'eau à l'extrémité de ce lac qui va creuser petit à petit les roches sédimentaires les plus tendres jusqu'à atteindre les couches les plus dures qui ne s'érodent pas pour former ce canyon. 

Je continue ma route en longeant la côte vers l'Est pour atteindre Stjórnarfoss, une chute d'eau hors des sentiers battus. Entourée de roches basaltiques et de mousses émeraudes, la rivière Stjörn, dévale en cascade une falaise en forme de dôme. 

Je reprend la route et le paysage change... J'ai l'impression d'être dans les grands parcs nationaux américains avec cette montagne qui répond au nom de Lómagnúpur mountain et qui me rappelle celle du Grand Canyon. 

Me dirigeant toujours vers l'Est, je traverse maintenant un immense plaine de lave donnant sur la mer du nom de Skaftafellsfjara avec en point de mire les montagnes du parc national de Skaftafell et son glacier le Skaftafellsjökull. 

Les contrastes de couleurs entre la plaine de lave, la langue glaciaire et les montagnes enneigées sont magnifiques, l'espace de quelques instants.

Après avoir traversé cette longue plaine, j'empreinte un bout de piste pour accéder au Skaftafellsjökull gönguleið, un sentier de randonnée permettant d'accéder au pied de la langue glacière.

Je m'approche au plus près du glacier dont les falaises de glace font 20 à 30 mètres de haut.

Mon périple me conduit ensuite sur la lagune de Fjallsárlón. C'est un lagon glaciaire où l'on peut observer des icebergs. La lagune se forme avec la fonte du glacier Fjallsjökull, une des langues glacières du Vatnajökull au nord. Des blocs de glace se détachent régulièrement de sa falaise, d'une vingtaine de mètres de hauteur, formant ainsi les icebergs qui flottent dans la lagune dont seulement 10% du volume émerge à la surface.
Ces icebergs fondent progressivement et, pour les lagunes ouvertes sur la mer, viennent ensuite mourir en mer sur une plage surnommée Diamond beach pour les multiples blocs de glace échoués sur le sable noir. La glace est si pur que l'on peut y observer des phénomènes d'arc en ciel. (Voir photo ci dessous)
Une journée bien remplie qui s'achève après 160km de route.